Préserver la Qualité des Soins

Une rencontre entre des médecins généralistes exerçant à Altkirch et la municipalité a eu lieu récemment. L’objectif était de faire le point sur les atouts et les difficultés de la pratique d’une médecine de qualité dans une commune de 6 000 habitants. 

Présents autour de la table : le Maire Nicolas Jander, la conseillère municipale Nathalie Singhoff, les médecins Christine et Philippe Hild, Sandrine Mengis, Géraldine Bon, Valérie Hodel, Danièle Hoehe et Samuel Wurtz.

Quand un médecin est malade, prend sa retraite ou ferme sur une certaine période pour une raison ou une autre, de nombreux patients sont inquiets. Ils ne savent pas toujours où se diriger. Qui aller voir ? Les professionnels et la municipalité s’interrogent ensemble : comment communiquer au mieux ?

Il faut tout d’abord savoir que les généralistes d’Altkirch ont une « patientèle » de 2 000 personnes alors que la moyenne nationale se situe autour de 900.
« C’est la raison pour laquelle ces professionnels sont nombreux à ne plus pouvoir prendre de nouveaux patients. Il s’agit tout d’abord d’une question de sécurité pour le médecin lui-même qui ne peut pas travailler sept jours sur sept et 24 heures sur 24. Il s’agit ensuite d’une question de qualité de prise en charge. Un médecin doit pouvoir avoir le temps d’écouter son patient, de l’examiner et d’approfondir son dossier », explique le Docteur Samuel Wurtz.
Il ajoute « Si nous prenons de nouveaux patients, nous aurons moins de temps pour nous occuper de ceux que nous suivons déjà. »
Les médecins insistent également sur la nécessité de consulter aux bons moments.

Nous voulons maintenir une qualité de soin et préserver le côté « humaniste » de notre métier

« Il faut songer, sur ce point, à avoir une communication saisonnière. Prenons l’exemple de la grippe. Pour y parvenir, il faut fournir à la population les bonnes informations, les bons documents. Il faut inviter les gens à avoir les réflexes appropriés. En ce sens, la nouvelle réserve de sécurité communale à Altkirch à un rôle à jouer en tant qu’acteur de prévention. Nous devons faire circuler des documents adaptés », indique le Maire d’Altkirch Nicolas Jander.

Un autre point important concerne la permanence médicale à l’hôpital Saint-Morand.
Les médecins rappellent qu’elle coûte cher à la sécurité sociale. « Elle doit être utilisée à bon escient. Il faut en user, mais pas en abuser. Il faut y aller quand il y a des signes cliniques inquiétants en appelant, au préalable, le Samu et donc le 15. Ou alors c’est le médecin généraliste de garde qui pourra donner des conseils utiles », précise le Docteur Danièle Hoehe.

Pour l’avenir, la Ville d’Altkirch entend poursuivre cette coopération et ces rencontres avec les professionnels de la santé.
« Nous le répétons. Nous ne sommes pas un « désert médical ». Mais nous pourrions le devenir. Il faut donc anticiper. C’est ce que la Ville souhaite faire en facilitant le travail des médecins. Nos médecins jouent un rôle important en prenant, par exemple, des étudiants en médecine en cours de formation au sein de leurs cabinets », ajoute Nicolas Jander.

Le Maire d’Altkirch, et avec lui les médecins eux-mêmes, s’interrogent cependant : comment attirer et fidéliser ces futurs jeunes médecins ?
Sachant qu’il existe des difficultés liées à la vie de famille, mais également à la ruralité. « Nous devons réussir à leur donner envie de (re)venir chez nous. Altkirch est une commune bien placée entre Mulhouse, Saint-Louis et Belfort. A nous d’être créatifs en termes d’offre et de partenariat », conclut Nicolas Jander.

La réflexion est lancée, des rencontres régulières seront programmées et devront aboutir à des actions concrètes qui permettront de conserver durablement une offre médicale riche et variée à Altkirch.