Water Your Garden
In The Morning
Exposition personnelle
d’Edit Oderbolz

Jusqu’au 31 Mars 2019

Water Your Garden In The Morning a longtemps été un titre
de travail, c’est-à-dire un titre donnant une orientation
intuitive, si ce n’est une méthodologie qu’Edit Oderbolz a
utilisée pour penser et façonner cette exposition. Il faut donc
l’imaginer commencer chaque journée par arroser son jardin,
par faire ce geste domestique, de soin et d’observation qui
permet de réveiller les idées, d’examiner leur croissance, de
les voir fleurir et s’entrelacer, d’écarter celles qui ne prennent
pas, de celles qui respireront au CRAC Alsace, pendant les
trois mois d’exposition qui viennent. Et dans ce jardin
voisinent des idées, des préoccupations, des œuvres et des
artistes qu’Edit Oderbolz partage avec le lieu qu’elle est en
train d’investir – des idées, des préoccupations, des œuvres,
des artistes issus de différentes époques et régions du
monde, mais qui cohabitent bien là, dans un jardin de rêve.
Cohabiter avec Edit Oderbolz conduit souvent à questionner
l’habitat. Ce mot même habitat, qui désigne au début du
18ème siècle en botanique le milieu occupé par une plante à
l’état naturel, puis celui adapté à la vie d’une espèce animale
ou végétale, ne recouvre l’environnement bâti relatif à la vie
de l’homme qu’au 20ème siècle. Ce n’est que dans l’entre-
deux-guerres que le terme s’étend aux conditions de
l’habitation humaine, qui renvoyait jusqu’alors au « fait
d’habiter », c’est-à-dire à une action plutôt qu’à une
architecture. Le monde végétal et animal sort donc du mot
quand l’architecture moderne y entre. Et c’est peut-être à cet
endroit critique qu’Edit Oderbolz opère. A l’endroit où
l’architecture sépare les classes, les races, les genres ; à
l’endroit où l’architecture normalise, organise et hiérarchise
la vie entre le jour et la nuit, l’homme et la femme, l’adulte
et l’enfant, l’intérieur et l’extérieur, le privé et le public, et
où, a contrario, certains corps résistent et l’affectent,
l’architecture.
Aussi Edit Oderbolz s’intéresse-t-elle moins à des formes
modernes d’habitats qu’aux expériences de ces espaces, qu’à
des façons de les appréhender, de les performer et de les
subvertir – autant d’expériences spatiales alternatives qui se
superposent dans un jardin de rêve où s’entrelacent des
projets de Flávio de Carvalho, des gestes vernaculaires, les
récits de jardinage de Derek Jarman, le squelette brutaliste
d’un immeuble collectif londonien ou encore un escargot-
dévidoir de scotch.

– Elfi Turpin, septembre 2018.

CRAC Alsace
18 rue du Château
68130 Altkirch

 Pour plus d’informations
03 89 08 82 59
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